Comment s'élever par la "religion des esclaves"? Simone Weil ou Nietzsche...




Une conversion entière mais sans adhésion au dogme au christianisme : pourquoi Simone Weil a toujours senti qu'elle devait adhérer à la "religion des esclaves"


Pour accompagner la réflexion : 

Pour accompagner la réflexion, Série France Culture "Simone Weil, Dieu sans le dogme", ici : plusieurs émissions de 2H, des témoignages et des lectures de textes, on piétine un peu à mon goût.

Notre référence principale est ici la Lettre de Simone Weil au Père Perrin, qui est une sorte d'autobiographie spirituelle (par exemple sur le site Palimpseste ici ou à écouter à l'écoute ici sur la chaine Aletheia). Voici les passages qui me semblent les plus significatifs : 


Conversion ou immersion? obéissance ou rébellion?

Les récits de conversion sont classiques dans la littérature chrétienne. Eb connaissez-vous certains?

Simone Weil explique pourquoi elle se considère comme "chrétienne" sans avoir jamais cherché Dieu, nous invitant à distinguer la religion et le rapport à Dieu, la question de l'existence de Dieu : 

"Je peux dire que dans toute ma vie je n'ai jamais, à aucun moment, cherché Dieu. Pour cette raison peut-être, sans doute trop subjective, c'est une expression que je n'aime pas et qui me paraît fausse. Dès l'adolescence j'ai pensé que le problème de Dieu est un problème dont les données manquent ici-bas et que la seule méthode certaine pour éviter de le résoudre à faux, ce qui me semblait le plus grand mal possible, était de ne pas le poser. Ainsi je ne le posais pas. Je n'affirmais ni ne niais. Il me paraissait inutile de résoudre ce problème, car je pensais qu'étant en ce monde notre affaire était d'adopter la meilleure attitude à l'égard des problèmes de ce monde, et que cette attitude ne dépendait pas de la solution du problème de Dieu.

C'était vrai du moins pour moi, car je n'ai jamais hésité dans ce choix d'une attitude ; j'ai toujours adopté comme seule attitude possible l'attitude chrétienne. Je suis pour ainsi dire née, j'ai grandi, je suis toujours demeurée dans l'inspiration chrétienne. Alors que le nom même de Dieu n'avait aucune part dans mes pensées, j'avais à l'égard des problèmes de ce monde et de cette vie la conception chrétienne d'une manière explicite, rigoureuse, avec les notions les plus spécifiques qu'elle comporte. Certaines de ces notions sont en moi aussi loin que mes souvenirs remontent. Pour d'autres je sais quand, de quelle manière et sous quelle forme elles se sont imposées à moi."

Elle évoque la résurrection, la vertu, l'esprit de pauvreté, la charité... On peut noter en particulier : 

"Le devoir d'acceptation à l'égard de la volonté de Dieu, quelle qu'elle puisse être, s'est imposé à mon esprit comme le premier et le plus nécessaire de tous, celui auquel on ne peut manquer sans se déshonorer, dès que je l'ai trouvé exposé dans Marc-Aurèle sous la forme de l'amor fati stoïcien."

En quel sens peut-on dire qu'elle est fidèle à cette religion? Semble-t-elle sincèrement croyante?

Est-ce que cela a un sens pour vous de distinguer la religion et la question de l'existence de Dieu? l'attitude est-elle la seule chose qui compte? est-ce une ruse de philosophe? de l'impiété? de la pureté extrême au contraire?

Est-ce qu'on trouve des échos à des aspects qu'on a déjà croisés? 


Puis elle explique pourquoi elle rejette le dogme et ne veut pas se faire baptiser ni fréquenter les églises : 

" Bien entendu, je savais très bien que ma conception de la vie était chrétienne. C'est pour quoi il ne m'est jamais venu à l'esprit que je pourrais entrer dans le christianisme. J'avais l'impression d'être née à l'intérieur. Mais ajouter à cette conception de la vie le dogme lui-même, sans y être contrainte par une évidence, m'aurait paru un manque de probité. J'aurais cru même manquer de probité en me posant comme un problème la question de la vérité du dogme, ou même simplement en désirant parvenir à une conviction à ce sujet. J'ai de la probité intellectuelle une notion extrêmement rigoureuse, au point que je n'ai jamais rencontré personne qui ne m'ait paru en manquer à plus d'un égard ; et je crains toujours d'en manquer moi-même.

M'abstenant ainsi du dogme, j'étais empêchée par une sorte de pudeur d'aller dans les églises, où pourtant j'aimais me trouver."

La sincérité qu'elle revendique est-elle suspecte? pure? authentique? déplacée? 

Pour un prêtre, pensez-vous qu'elle est touchante ou agaçante?

(Sur l'articulation entre l'élan du coeur et les institutions, aussi bien pour la religion que la morale il y a des pages très intéressantes dans le livre tardif de Bergson, Les Deux sources de la morale et de la religion, paru en 1932)


Des rencontres qui jalonnent une vie : l'adoption de la "religion des esclaves"

Elle raconte alors les moments où elle a rencontré le Christ, en particulier au Portugal après son année à l'usine  :

" Pourtant j'ai eu trois contacts avec le catholicisme qui ont vraiment compté."

Les mois à l'usine ont été d'abord la rencontre du malheur : 

"Après mon année d'usine, avant de reprendre l'enseignement, mes parents m'avaient emmenée au Portugal, et là je les ai quittés pour aller seule dans un petit village. J'avais l'âme et le corps en quelque sorte en morceaux. Ce contact avec le malheur avait tué ma jeunesse. Jusque-là je n'avais pas eu l'expérience du malheur, sinon le mien propre, qui, étant le mien, me paraissait de peu d'importante, et qui d'ailleurs n'était qu'un demi-malheur, étant biologique et non social. Je savais bien qu'il y avait beaucoup de malheur dans le monde, j'en étais obsédée, mais je ne l'avais jamais constaté par un contact prolongé. Étant en usine, confondue aux yeux de tous et à mes propres yeux avec la masse anonyme, le malheur des autres est entré dans ma chair et dans mon âme. Rien ne m'en séparait, car j'avais réellement oublié mon passé et je n'attendais aucun avenir, pouvant difficilement imaginer la possibilité de survivre à ces fatigues. Ce que j'ai subi là m'a marquée d'une manière si durable qu'aujourd'hui encore, lorsqu'un être humain, quel qu'il soit, dans n'importe quelles circonstances, me parle sans brutalité, je ne peux pas m'empêcher d'avoir l'impression qu'il doit y avoir erreur et que l'erreur va sans doute malheureusement se dissiper. J'ai reçu là pour toujours la marque de l'esclavage, comme la marque au fer rouge que les Romains mettaient au front de leurs esclaves les plus méprisés. Depuis je me suis toujours regardée comme une esclave."

le Portugal : 

"Étant dans cet état d'esprit, et dans un état physique misérable, je suis entrée dans ce petit village portugais, qui était, hélas, très misérable aussi, seule, le soir, sous la pleine lune, le jour même de la fête patronale. C'était au bord de la mer. Les femmes des pêcheurs faisaient le tour des barques, en procession, portant des cierges, et chantaient des cantiques certainement très anciens, d'une tristesse déchirante. Rien ne peut en donner une idée. Je n'ai jamais rien entendu de si poignant, sinon le chant des haleurs de la Volga. Là j'ai eu soudain la certitude que le christianisme est par excellence la religion des esclaves, que des esclaves ne peuvent pas ne pas y adhérer, et moi parmi les autres."

l'Italie (Assise)

"En 1937 j'ai passé à Assise deux jours merveilleux. Là, étant seule dans la petite chapelle romane du XIIe siècle de Santa Maria degli Angeli, incomparable merveille de pureté, où saint François a prié bien souvent, quelque chose de plus fort que moi m'a obligée, pour la première fois de ma vie, à me mettre à genoux."

la France (Solesme)

"En 1938 j'ai passé dix jours à Solesmes, du dimanche des Rameaux au mardi de Pâques, en suivant tous les offices. J'avais des maux de tête intenses ; chaque son me faisait mal comme un coup ; et un extrême effort d'attention me permettait de sortir hors de cette misérable chair, de la laisser souffrir seule, tassée dans son coin, et de trouver une joie pure et parfaite dans la beauté inouïe du chant et des paroles. Cette expérience m'a permis par analogie de mieux comprendre la possibilité d'aimer l'amour divin à travers le malheur. Il va de soi qu'au cours de ces offices la pensée de la Passion du Christ est entrée en moi une fois pour toutes.

Il y avait là un jeune Anglais catholique qui m'a donné pour la première fois l'idée d'une vertu surnaturelle des sacrements, par l'éclat véritablement angélique dont il paraissait revêtu après avoir communié. Le hasard - car j'aime toujours mieux dire hasard que Providence - a fait de lui, pour moi, vraiment un messager. Car il m'a fait connaître l'existence de ces poètes anglais du XVIIe siècle qu'on nomme métaphysiques. Plus tard, en les lisant, j'y ai découvert le poème dont je vous ai lu une traduction malheureusement bien insuffisante, celui qui est intitulé Amour  . Je l'ai appris par cœur. Souvent, au moment culminant des crises violentes de maux de tête, je me suis exercée à le réciter en y appliquant toute mon attention et en adhérant de toute mon âme à la tendresse qu'il enferme. Je croyais le réciter seulement comme un beau poème, mais à mon insu cette récitation avait la vertu d'une prière. C'est au cours d'une de ces récitations que, comme je vous l'ai écrit, le Christ lui-même est descendu et m'a prise.

Dans mes raisonnements sur l'insolubilité du problème de Dieu, je n'avais pas prévu la possibilité de cela, d'un contact réel, de personne à personne, ici-bas, entre un être humain et Dieu. J'avais vaguement entendu parler de choses de ce genre, mais je n'y avais jamais cru. Dans les Fioretti les histoires d'apparition me rebutaient plutôt qu'autre chose, comme les miracles dans l'Évangile. D'ailleurs dans cette soudaine emprise du Christ sur moi, ni les sens ni l'imagination n'ont eu aucune part ; j'ai seulement senti à travers la souffrance la présence d'un amour analogue à celui qu'on lit dans le sourire d'un visage aimé.

Je n'avais jamais lu de mystiques, parce que je n'avais jamais rien senti qui m'ordonnât de les lire. Dans les lectures aussi je me suis toujours efforcée de pratiquer l'obéissance. Il n'y a rien de plus favorable au progrès intellectuel, car je ne lis autant que possible que ce dont j'ai faim, au moment où j'en ai faim. et alors je ne lis pas, je mange. Dieu m'avait miséricordieusement empêchée de lire les mystiques, afin qu'il me fût évident que je n'avais pas fabriqué ce contact absolument inattendu.

Pourtant j'ai encore à moitié refusé, non mon amour, mais mon intelligence. Car il me paraissait certain, et je le crois encore aujourd'hui, qu'on ne peut jamais trop résister à Dieu si on le fait par pur souci de la vérité. Le Christ aime qu'on lui préfère la vérité, car avant d'être le Christ il est la vérité. Si on se détourne de lui pour aller vers la vérité, on ne fera pas un long chemin sans tomber dans ses bras."


Voici le poème de Herbert (1593-1633), "Love"

Love bade me welcome ; yet my soul drew back,

Guiltie of dust and sin.
But quick-ey’d Love, observing me grow slack
From m’y first entrance in,
Drew nearer to me, sweetly questioning
If I lack’d anything.

A guest, I answer’d, worthy to be here.
Love said, You shall be he.
I, the unkinde, ungrateful ? Ah, my deare,
I cannot look on thee.
Love took my hand and smiling did reply :
Who made the eyes, but I ?

Truth, Lord ; but I have marr’d them : let my shame
Go where it doth deserve.
And know you not, says Love ; who bore the blame ?
My deare, then I will serve.
You must sit down, says Love, and taste my meat.
So I did sit and eat.

 

Traduction de Jean Mambrino :

Amour

Amour m’a dit d’entrer, mon âme a reculé,
Pleine de poussière et de péché.
Mais amour aux yeux vifs en me voyant faiblir
De plus en plus, le seuil passé,
Se rapprocha de moi et doucement s’enquit
Si quelque chose me manquait.

Un hôte, répondis-je, digne d’être ici.
Or, dit Amour, ce sera toi.
Moi, le sans-coeur, le très ingrat ? Oh mon aimé,
Je ne puis pas te regarder.
Amour en souriant prit ma main et me dit :
Qui donc fit les yeux sinon moi ?

Oui, mais j’ai souillé les miens, Seigneur. Que ma honte
S’en aille où elle a mérité.
Ne sais-tu pas, dit Amour, qui a porté la faute ?
Lors, mon aimé, je veux servir.
Assieds-toi, dit Amour, goûte ma nourriture.
Ainsi j’ai pris place et mangé. »

La religion est associée à un amour sublime, transcendant, qui élève par l'humilité.

On peut mettre ces lignes en lien avec la critique de la force, du prestige (voir Nadia Taibi ici)... mais aussi soupçonner qu'il y a dans l'attitude de Simone Weil un symptôme - c'est la posture de Nietzsche face au christianisme...



Le soupçon nietzschéen : et si le christianisme était le symptôme d'une maladie?

Simone Weil croit que sa maladie (ses migraines) lui ont donné accès au véritable amour divin, mais si c'était l'inverse? si la "foi" ne faisait que traduire un état morbide, une complaisance dans le malheur et la petitesse? C'est ici l'analyse que Nietzsche propose. On pourrait ajouter : et si les visions étaient provoquées par une sorte d'anorexie plus subie que véritablement choisie?

Pour entrer en fanfare dans la philosophie de Nietzsche, vous pouvez écouter les émissions de Fabrice Lucchini : "Fabrice Lucchini lit Nietzsche", janvier 2025 sur France Inter, les admirations littéraires, ici. Pour une présentation complète sérieuse et érudite, toute une série des Chemins de la Philosophie sur Le Gai Savoir, avec Géraldine Mosna Savoye, de 2018 sur France Culture, ici.



"le bien et le mal" comme symptômes de morbidité : le soupçon et la généalogie des valeurs, une nouvelle enquête et une nouvelle interprétation

Cette piste se met en place dès le début de l'oeuvre de Nietzsche, en particulier dans Ecce Homo. Cf. Lucchini 2.
L'idée directrice, c'est que les faibles ont inventé le "bien" et le "mal" pour justifier et défendre leur faiblesse et faire culpabiliser les forts.

Nietzsche l'explique dans la Généalogie de la Morale (Le texte intégral est disponible sur Wikisource, dans la traduction de Henri Albert ici).
Dans l'Avant-Propos, il présente son projet; pour Nietzsche, la vraie question à poser au sujet du bien et du mal est la suivante Dans quelles conditions l’homme s’est-il inventé à son usage ces deux évaluations : le bien et le mal : Et quelle valeur ont-elles par elles-mêmes ? Ont-elles jusqu’à présent enrayé ou favorisé le développement de l’humanité ? Sont-elles un symptôme de détresse, d’appauvrissement vital, de dégénérescence ? Ou bien trahissent-elles, au contraire, la plénitude, la force, la volonté de vivre, le courage, la confiance en l’avenir de la vie ?" (Avant Propos §3)

L'invention du couple "bien et mal" serait l'expression de la peur de la vie, de la haine de la puissance, d'un ressentiment honteux.

"Il s’agissait, en particulier, de la valeur du non-égoïsme, des instincts de pitié, de renoncement, d’abnégation que Schopenhauer précisément avait si longtemps enjolivés à nos yeux — divinisés et élevés aux régions de l’au-delà, tant qu’enfin ils demeurèrent pour lui les « valeurs en soi » et qu’il se basa sur eux pour sa négation de la vie et de lui-même. Mais c’est justement contre ces instincts que s’élevait en moi une défiance de plus en plus fondamentale, un scepticisme de jour en jour plus profond ! En eux je voyais précisément le grand écueil de l’humanité, la tentation et la séduction suprême qui la conduirait… où donc ?… Au néant ? — Je voyais là le commencement de la fin, l’arrêt dans la marche, la lassitude qui regarde en arrière, la volonté qui se retourne contre la vie, la dernière maladie s’annonçant par des symptômes de tendresse et de mélancolie : je comprenais que cette morale de compassion qui s’étendait toujours plus autour d’elle, qui atteignait même les philosophes et les rendait malades, était le symptôme le plus inquiétant de notre culture européenne, inquiétante elle-même, son détour vers un nouveau bouddhisme ! vers un bouddhisme européen ! vers — le nihilisme !… Chez les philosophes, cette préférence, cette estimation exagérée et toute moderne de la pitié est, en effet, quelque chose de nouveau : jusqu’à présent c’était précisément sur la valeur négative de la pitié que les philosophes étaient tombés d’accord. Qu’il me suffise de nommer Platon, Spinoza, La Rochefoucauld et Kant, ces quatre esprits aussi différents que possible l’un de l’autre, mais unis sur un point : le mépris de la pitié." (§5)
Il formule son soupçon : "Si, dans l’homme « bon », il y avait un symptôme de recul, quelque chose comme un danger, une séduction, un poison, un narcotique qui fait peut-être vivre le présent aux dépens de l’avenir ? d’une façon plus agréable, plus inoffensive, peut-être, mais aussi dans un style plus mesquin, plus bas ?… En sorte que, si le plus haut degré de puissance et de splendeur du type homme, possible en lui-même, n’a jamais été atteint, la faute en serait précisément à la morale ! En sorte que, entre tous les dangers, la morale serait le danger par excellence ?… "(§6).
Il faut donc faire une généalogie de la morale, comprendre comment les valeurs de bien et de mal se sont imposées.

la Première Dissertation de la Généalogie de la Morale discute du passage de "bon et mauvais" à "bon et méchant".

Pour Nietzsche, ceux qui ont commencé d'appeler "bonnes" certaines actions étaient les "nobles", les hommes "aristocratiques", qui se sont arrogé le droit de créer des valeurs, et qui se considéraient eux-mêmes comme "bons", c'est-à-dire heureux et aimés des dieux, et la "populace"comme inférieure et "mauvaise" au sens de méprisable. (§1-6)
Puis il y aurait un renversement, motivé par la vengeance et le ressentiment, la haine, qu'il attribue au peuple juif initialement, et qui aurait été poursuivi par les chrétiens. Ils auraient déclaré : "les misérables seuls sont les bons, les pauvres, les impuissants, les hommes bas seuls sont les bons, les souffrants, les nécessiteux, les malades, les difformes sont aussi les seuls pieux, les seuls bénis des dieux, pour eux il y a une félicité, tandis que vous, les nobles et les puissants , vous êtes de toute éternité les méchants, les cruels, les lubriques, les insatiables, les impies, vous serez éternellement aussi les réprouvés, les maudits et les damnés!" (§7) : c'est la "révolte des esclaves dans la morale".
"Voici ce qui 'est passé : de la souche de l'arbre de la vengeance et de la haine, de la haine juive - la plus profonde et la plus sublime des haines, créatrice d'idéaux, transformatrice de valeurs, une haine dont il n'a jamais existé de pareille sur terre - de là est sorti quelque chose d'aussi incomparable, un nouvel amour, la plus profonde et la plus sublime forme d'amour (...) Cet amour est sorti de la haine, il en est la couronne (...) il poursuit les mêmes buts que la haine : la victoire, le butin, lé séduction (...) Ce Jésus de Nazareth, incarnation de l'évangile de l'amour, ce "rédempteur" apportant la félicité et la victoire aux pauvres, aux malades, aux pécheurs - n'était-il pas la séduction sous sa forme la plus inquiétante, et la plus irrésistible...(...)?"


cultiver la fécondité plutôt que le ressentiment : valeurs de vie et valeurs d'épuisement

Ecce Homo, "Pourquoi j'écris de si bons livres" : éloge de la vengeance, de la l'attaque, l'art de choisir ses ennemis, dignes; cf. Lucchini 2. On pourrait l'opposer à la critique des partis de Weil.
ce qui a de la valeur, c'est ce qui rend fécond, le contraire du ressentiment, cf. Considérations inactuelles

nourrir la "grande santé" qui affronte la douleur et le risque

Là c'est le début du Gai Savoir, voir la première émission des Chemins de la Philo avec Patrick Wotling.
Seule la grande douleur me fait penser, Lucchini 3.

retrouver l'amor fati : l'éternel retour

Lucchini 1 et 2

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Peut-on finalement défendre Simone Weil ?

Effectivement, les idées de sacrifice, qui conduisent au choix de la mort, semblent confirmer les analyses de Nietzsche.

Le concept de "ressentiment" peut-il s'appliquer à son attitude?

Peut-on dire qu'il n'y a pas de fécondité dans l'attitude et la pensée de Simone Weil?

Où est le pire orgueil?





l'accent sur l'amour (cf saint augustin)

parler de sa conversion + lien entre sa quête de justice sur terre et sa foi (les deux se renforcent); résistance face à l'institution (cf. Deux sources de Bergson qui lui aussi a refusé de se convertir par fidélité à son peuple > glisser le texte sur le supplément d'âme?? en regard avec critique du prestige...). et à la crainte de l'hérésie... orgueil?


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